Le travail c’est la santé !
Marie, c’est Marie. Elle n’a pas son pareil dans le groupe. Et pour cause, c’est la seule femme responsable d’un site de production au sein de Charlois. Native de Mouchin, un petit village du Nord de la France, elle a posé ses valises en terre charentaise avec mari et enfants.
Chaussures de sécurité et bouchons d’oreilles toujours à portée de mains, c’est Marie Goussen et son quotidien. Un quotidien rythmé par le travail et la vie de famille. Marie n’est ni cognaçaise, ni tonnelière. Et pourtant, elle dirige l’une des tonnelleries les plus réputées de Cognac, une des plus anciennes créée par la plus ancienne maison de Cognac, Martell.
Quand on veut, on peut !
Bac en poche, Marie prend la direction de Lille et rejoint une école d’ingénieur Arts et Métiers. Cinq années intenses au cours desquelles Marie va allier théorie et pratique : souder, fraiser, ajuster… « Je suis une touche à tout. J’adore ça. J’aime comprendre les choses, comment ça marche, analyser ». C’est au sein d’une boulangerie industrielle, dans la région rémoise, que la jeune ingénieure va débuter sa carrière professionnelle. Un bail de treize ans pendant lesquels Marie va non seulement s’aguerrir au(x) métier(s) de la maintenance mais également à ceux du management. « À 23 ans, diriger une équipe 100% masculine, ce n’est pas évident mais c’est formateur ».
Opiniâtre, Marie fait ses armes et gagne le respect de ses collègues. Des années entachées par l’apparition d’une tumeur cancéreuse au sein contre laquelle elle va se battre, soutenue par son mari et ses enfants alors âgés de 3 et 6 ans. « C’est une épreuve, une vraie qui donne à réfléchir et qui invite à prioriser, à faire des choix. Je ne me suis quasiment pas arrêtée de travailler, tout en veillant à rester disponible pour ma famille, surtout ».
Observer, comprendre, analyser
« Vincent, mon conjoint, a eu une proposition de travail qui ne se refuse pas, dans une maison de Cognac. Je ne savais même pas situer Cognac sur une carte. Je me suis dit, allez GO ! Du boulot, j’en trouverais. L’essentiel, la priorité, c’est la famille, ma famille ». Marie se laisse un peu de temps, celui de s’installer avec sa petite famille dans cette nouvelle région, le temps de découvrir, le temps de prendre du temps pour soi.
Le temps venu, Marie se met en quête d’un nouveau job et décroche un contrat dans une tonnellerie comme responsable qualité. « Je n’y connaissais pas grand-chose en qualité. Mais c’est comme tout, ça s’apprend ». Sur le terrain, sans relâche, Marie gagne des galons. La qualité, l’environnement, la sécurité… son cv s’étoffe. Dans le petit monde de la tonnellerie, elle se fait un nom. Ce qui n’échappe pas au directeur industriel de Charlois, David Le Gac.
« On se connaissait. Il m’a appelée en janvier 2022 en me disant : Marie, j’ai un challenge à te proposer à la Tonnellerie Leroi ». Marie, a perçu dans l’offre qui lui était faite, une opportunité qui lui correspondait. « J’ai démarré en avril 2022, comme responsable supply chain. Quel que soit le poste que j’occupe, je me pose invariablement cette question : « qu’est-ce que je peux apporter, de quoi les équipes ont besoin. J’observe, j’analyse, je propose, on teste. Si ça fonctionne on continue, sinon on essaye autre chose ». C’est ce que s’est employé à faire Marie chez Leroi, avec succès.
Marie devient ensuite responsable de site : « je m’occupe de tout ce qui n’est pas commercial, y compris les travaux, c’est vaste et on ne s’ennuie pas. J’ai la chance d’avoir une bonne équipe, je les connais, ils me connaissent. On est là pour produire des fûts, c’est vrai, mais j’aime que çà se fasse dans de bonnes conditions. L’ambiance, c’est important ».
Trois questions à Marie Goussen
Vous évoluez dans un monde professionnel résolument masculin et vous êtes la seule femme responsable d’un site de production au sein du groupe. Ça fait quoi ?
(Petit temps de réflexion) … En fait pas grand-chose. C’est une question d’habitude. Depuis que j’ai choisi la filière technique au lycée c’est comme ça, en école d’ingénieur, c’était comme ça, mon premier job c’était le cas aussi. Tout est question de dosage, de respect, de savoir-faire et de savoir-être. Je fais en sorte que l’on me reconnaisse pour mes compétences et non parce que je suis une femme.
C’est quoi une journée type pour vous Marie ?
Je n’en ai pas vraiment. C’est tous les jours différents. Il y a une chose à laquelle je ne déroge pas, c’est de faire le tour du site pour saluer tout le monde, tous les matins. J’arrive, je mets mes chaussures de sécurité, mes bouchons d’oreille et je vais dans l’atelier.
Deux ans chez Charlois, bientôt trois, quel est votre sentiment ?
Le jour de mon embauche, je suis allée à Murlin et je me suis dit « Ah oui !!! Quand-même ! ». L’accueil est convivial, simple, c’est rangé, c’est beau, c’est familial. La salle de dégustation, l’environnement, la forêt, l’auberge… c’est « Charlois Land » (rires). Plus sérieusement, c’est un groupe qui nous donne les moyens de – bien – travailler, d’avancer, de progresser avec nos équipes. Nous avons toute latitude pour prendre des initiatives, on est entendus, il y a des valeurs importantes, auxquelles je crois, que j’ai retrouvé dans le groupe Charlois. La force du groupe, c’est aussi de ne pas être seule : il y une vraie entraide entre responsables de site et nous avons le soutien de personnes ressources, je pense aux RH notamment.
Photographie © Christophe Deschanel
